samedi 9 avril 2011

Le choix de la croissance par la multiplication des bactéries et la diminution de la rente de patrimoine

Une vision très malthusienne du monde qui va déplaire aux apôtres optimistes forcenés de la croissance, mais il arrive un moment où il faut ouvrir les yeux...

On rentre dans un monde où l'occident perd chaque jour un peu plus son avantage comparatif avec le reste de la planète. Et alors que d'un milliard de consommateurs occidentaux, on va passer à 3-6 milliards de consommateurs mondiaux, jamais les ressources ne pourront suivre. Sans compter que le travail de ces pays anciennement pauvres va devenir de plus en plus cher, comparativement au notre. C'est ce que les français peuvent constater tous les jours avec la hausse des prix...

Je sais que c'est à la fois totalement contraire (pour l'occident dont le niveau de vie va baisser) et cohérent (pour les émergents dont le niveau de vie va progresser) avec les idéaux de progrès universel sur lesquels l'occident s'est construit, mais il arrive un moment ou les idéologies butent sur la réalité.

Dans ce post ci, je m'intéresse donc à la rente mondiale, un peu au sens balance courante de la banque des règlements internationaux. C'est à dire quel pays vend telle richesse à tel autre. Et si penser rente n'est pas très compatible avec l'idée de progrès universel, il est toujours possible de garder ces idéaux vivants au sein de notre pays (même si la liberté de mouvement des capitaux n'aide pas beaucoup).

Dans un monde désormais limité par les ressources et non plus par la force de travail, la continuation à tout prix de la politique d'augmentation de la population française est la route assurée vers l'appauvrissement. Surtout quand cette politique ne vise pas à augmenter la quantité et la qualité, mais juste la quantité, en faisant venir des immigrés non qualifiés.

A l'inverse, le Canada ou l'Australie, qui ont déjà la chance d'être des pays vides qui regorgent de ressources, ont choisi en plus l'immigration choisie. Et ils seront de toutes évidences selon moi les pays riches du monde de demain. Pour se faire une idée, la Norvège avec son pétrole offshore, ou l'Alaska avec son revenu annuel de la rente du pétrole redistribué, sont des exemples avancés de cette situation privilégiée.

Car on oublie que le travail, consiste toujours à transformer de l'énergie et/ou des matières premières en valeur ajoutée. Et quand l'énergie et/ou les matières premières viennent à manquer, le travail vaudra de moins en moins cher, surtout le travail peu qualifié... Même les métiers du tertiaire utilisent beaucoup d'énergie. Professionnellement, un coiffeur ou un avocat utilisent de l'énergie et des matières premières pour leurs transports, leur chauffage, leur éclairage, leurs locaux, leur matériel... Sans compter que ces métiers consistent pour beaucoup à organiser la logistique des choses...

Dans le monde qui vient, où le travail ne vaudra plus grand chose, chaque pays va disposer de rentes fixes, qu'il va pouvoir diviser au sein de sa population.

De son côté, la France dispose de plusieurs rentes :
  Le capital existant (immobilier, centrales, usines, routes), mais qu'il faut quand même entretenir.
  la rente énergétique, avec toute l'énergie que nous fournit la nature : éolien, solaire mais surtout hydraulique et géothermique.
  la rente agricole et forestière : même si la forêt française n'est quasiment pas exploitée et que la France est un grand importateur de bois en dépit du fait qu'elle aie une des première forêt d'Europe   , la production agricole est une des plus grandes richesses de la France. Mais avec l'augmentation de la population qui mange sur les terres, cette rente diminue aussi.
  la rente touristique, mais dont la valeur d'attirance absolue diminue au fur et à mesure que l'occident décline, que la France fait appel à l'immigration et que la population augmente, que l'on bétonne en conséquences, et que l'on casse le stéréotype que veulent voir les touristes (c'est pas politiquement correct je sais, mais demandez son avis à un touriste chinois qui se balade à Clichy).

Toutes ces richesses sont plus ou moins fixées par les contraintes naturelles (énergie, agriculture) ou la richesse des autres (tourisme), ou notre propre technicité (entretien du capital existant à moindre coût), et sont le patrimoine de tous les français (car même l'argent que les riches céréaliers obtiennent de l'étranger en vendant leur blé, ruisselle ensuite sur le reste de la population). Mais surtout, augmenter la population n'accroît pas le revenu qu'apportent ces richesses. Plus la population augmente, plus cette rente diminue par habitant.

Dans le même temps, faute de ressources et d'énergie, l'augmentation de la population ne produit plus la croissance mécanique habituelle qui permet de produire les rendements pour l’épargne des vieux et de tenir les promesses de grasses retraites qu'ils se sont faites. Tout ce que cette croissance de la population génère, c'est du chômage et de la pauvreté, et donc toujours plus de besoins de solidarité et de déficits publics...

Naturellement, la vraie solution consiste à faire de l'excellence, de la croissance par habitant, et non de la croissance des habitants. Au maximum, il faut aller chercher le genre d'excellence du genre des verriers de Venise, qui donne des avantages incomparables en terme de richesse, comme ce fut le cas jadis pour la Silicon Valley. Mais ça ne dure toujours qu'un temps, et surtout, on voit bien aujourd'hui qu'on ne fera pas de toutes façons une société avec que des ingénieurs. Et donc, dans cet ordre d'idée, sans immigration, il va bien falloir que la population accepte l'idée que certains d'entre eux devront faire des boulots ingrats (peut-être que sans immigration d'ailleurs, la rémunération de ces métiers ingrats s'en trouverait augmentée pour de simples questions d'offre et de demande).

Idem, l'idée des allocations familiales qui se multiplient avec le nombre d'enfants est un concept suranné. Il me semble qu'au Maroc, déjà, les allocations familiales diminuent passé le 3ème enfant. On pourrait ainsi moduler ces allocations en fonction du nombre d'enfants, ou plus finement, car c'est ça l'enjeu, en fonction des résultats absolus (récompenser l'excellence)/évolution des résultats (récompenser l'effort et le mérite)/comportement des enfants (punir les mauvais comportements), pour créer des incitatifs forts. C'est à réfléchir, car j'ai tout de même l'intuition que ce genre de mesures pourraient être contreproductives. Mais il faudrait penser en ce sens. Regardez les petits coréens à l'école et leurs résultats à l'étude PISA. Vous croyez qu'ils toléreraient deux secondes la médiocrité de l'école française ?

Bref, la fête est terminée. Dans le monde qui vient, il faudra travailler plus, travailler mieux, accepter des retraites plus chiches, épargner beaucoup et bien, et arrêter de se dire qu'on pourra refiler les sales boulots à de nouveaux arrivants dans le ponzi démographique.

Enfin, il va sans dire qu'un tel monde ne peut être que déflationniste. Il faut dores et déjà penser un tel monde de sorte que la déflation puisse opérer en douceur, sans faillite généralisée, et sans que l'épargne soit thésaurisée et puisse ainsi continuer de financer les investissements. C'est pour ça entre autres que je dis que ce dont l'occident a besoin, ce n'est pas de keynésiens (boîte à outils fortement dépendante de la croissance à tous crins et de ressources illimitées), mais de penseurs de la déflation.

Mais bon, d'ici à ce que la croulantocratie qui nous dirige, dont les neurones se sont fossilisés dans les années 70, et dont le seul souci désormais est que soient tenues les fausses promesses de traite des jeunes que les vieux se sont faites, comprenne ça et change de logiciel, on aura fait faillite dix fois...

Naturellement, ce que ce choix implique sur la forme de la pyramide des âges, doit inciter aussi fortement à redonner du rapport de force aux jeunes, si la France veut les garder, et surtout d'exiger des vieux qu'ils retouchent le sol et repartagent des conditions de vie en ligne, voire en dessous, de celles des actifs qui les entretiennent...

Bref, on n'est pas sortis du sable. Peut-être que dans 30 ans, avec 80 millions d'habitants, 25% de chômage et 10 millions de sans abris, nos "élites" commenceront à comprendre...

Naturellement, il y a toujours la perspective que la science vienne nous trouver la nouvelle révolution qui une fois encore va sauver l'humanité du gouffre. Dans l'ingratitude générale, cela va sans dire    Mais avec toute la crème de la jeunesse qui va dans la finance, et toute l'épargne mondiale qui part en déficits publics pour payer les soins et retraites des vieux, ou en bulle immobilière pour pallier à l'accroissement de la population, au lieu d'aller dans les entreprises, c'est pas gagné...   

Bref, tout ceci est fortement non politiquement correct. Mais si j'ai raison sur le Peak Eervything, et que la science n'a rien à sortir de son chapeau, devant les évidences, ces idées se feront lentement leur place...

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