jeudi 3 février 2011

Petit historique approximatif de la prospérité et prospective

Voici quelques graphiques très approximatifs que j'ai réalisés, visant à illustrer une histoire monétaire du monde, depuis les années 60, et le rapport aux ressources et à la richesse.

Je reprends ici ce que j'ai développé dans MV=PQ.

Comme je l'ai déjà expliqué, j'estime à la grosse louche que la prospérité d'une nation et son accès aux ressources est lié à la valeur sa masse monétaire (de son capital, de sa dette), rapportée à la valeur de la masse monétaire globale (avec le jeu des taux de change). J'appellerai MV les masses monétaires (comme la partie gauche de MV=PQ).

A chaque fois, dans chaque monétaire de chaque grande zone, je sépare la bonne dette de la mauvaise dette. Dans la bonne dette, on y met toute la dette qui est réellement de l'investissement et génère des richesses futures, de la productivité. Dans la mauvaise dette, on retrouvera en vrac toute la Ponzi monnaie :
  la dette publique pour raser gratis,
  le crédit à la consommation qui n'apporte aucun gain de productivité à celui qui s'endette (crédit à la conso pour un écran plat, des vacances, une voiture de luxe...),
  tout le crédit qui va dans des bulles d'actifs.

Ces graphiques sont bourrés d'approximations et ne sont pas basés sur des données réelles. Il s'agit juste d'une illustration de ce qui me semble être l'histoire des différents MV jusque 2010. Et au delà de 2010, je fais un petit exercice de prospective.

Voici en absolu une valeur de ces MV :


Jusque 2010, ces valeurs peuvent sembler assez cohérentes avec la réalité des masses monétaires mondiales.

J'y ai représenté :
  les deux chocs pétroliers,
  la bulle de crédit japonaise de 1980 à 1990 et son explosion,
  la crise de 1990 en occident,
  la crise asiatique de 1997,
  la bulle de crédit de 2000 à 2008 en occident et la fuite dans la dette publique...

Au delà, je mets l'occurrence d'une crise en 2014 (ça pourrait être à un autre moment), une crise obligataire déclenchée soit par l'explosion de l'accumulation exponentielle de mauvaise dette en occident, au Japon ou en Chine... La crise qui mettra fin au Ponzi.

Notez que passé 2014, ça ne dit rien sur la valeur d'une unité de monnaie. Ça ne dit pas si la masse monétaire sera diminuée par l'inflation (augmentation de la quantité de monnaie et dévaluation du taux de change de la valeur d'une unité de monnaie), par défaut sur la dette (diminution de la quantité de monnaie). Ça ne regarde que les valeurs comparées des masses monétaires.

Du coup, l'exercice en absolu est difficile et ce qui compte bien plus, ce sont les valeurs relatives des masses monétaires :


Notez que j'ai fait la très grosse approximation de partir de 0 pour ce qui n'est pas occident et Japon. Disons qu'à la louche, je ne m'intéresse ici qu'à la richesse qui permet d'aller au delà des besoins primaires de la pyramide de Maslow, et qui donne un confort de vie au delà de la survie de l'individu. Du coup, je fais la même approximation pour les ressources avec un accès à ce que j'appelle un "Q de confort".

  On voit sur ce dernier graphique une baisse régulière de la part de l'occident dans les ressources globales, et une hausse du pourcentage de mauvaise dette dans sa masse monétaire. Mauvaise dette en attente d'être détruite mais qui tant qu'elle est là, fait illusion de richesse...
  Le Japon y est représenté aussi (surement beaucoup trop gros dans le graphique, je me rends compte) et on y voit bien sa bulle de mauvaise dette des années 80-90 qui lui donne un temps une illusion de prospérité.
  Idem pour la crise asiatique de 1997.
  Enfin, on voit la montée de la Chine et des émergents dans la masse monétaire globale.
  L'hypothétique "crise de 2014", elle, entérinera le transfert de richesse de l'occident et du Japon à la Chine et aux émergents.

  Le Peak Everything :
Ci dessous, voici un graphe de la quantité de ressources de confort produite sur la planète. J'y ai figuré les deux chocs pétroliers, la crise de 2008 avec le sous-investissement qui va s'en suivre (ou qui s'ils n'a pas lieu là, aura lieu suite à la "crise de 2014"), et par la suite, avec une population mondiale qui continue de croître plus vite que les ressources disponibles, et des milliards de personnes accédant ne serait-ce qu'à la satisfaction de leurs besoins primaires (avec donc une part croissante des ressources qui leur sont allouées), un Q de confort qui commence sérieusement à décroître pour les autres bien ventripotents. La courbe est assez pessimiste, j'en conviens.


Ainsi, en attribuant ce Q de confort aux différentes zones en fonction de la part de leur masse monétaire dans la masse monétaire globale, voici ce que l'on obtient :


La "crise de 2014" marquera un transfert énorme des ressources de confort à la Chine et aux émergents. Le Japon sombre dans le déclin en absolu (mais pas forcément en relatif, aidé en cela par sa démographie). L'occident aussi voit son Q de confort fortement rogné. Le Q de confort de la Chine croît fortement jusqu'en 2020 puis stagne alors que la Chine vieillit rapidement. Les émergents continuent de grimper mais la baisse du Q global commence à sévèrement entamer les possibilités des différentes zones de voir leur Q continuer d'augmenter.

Voila, je vous laisse regarder ce petit exercice de prospective...

1 commentaire:

  1. Faudrait rapporter le dernier graphe à la pyramide des ages de chaque pays..

    Aqua.

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