dimanche 9 janvier 2011

Sur la presse française

Comme vous l'aurez remarqué, bien que français, je préfère de loin m'informer avec les médias anglo-saxons plutôt qu'avec le vomi permanent de faits divers et de contre-vérités moustachistes de la presse de gôche comme de droâte française, avec son cadre d'analyse bien suranné et rance, resté bloqué dans les années 70. Comme si tout s'était figé en 68. Écrit par des croulants (au moins dans leur tête), pour des croulants...

Et on pourra lire avec intérêt dans ce post de h16 pour le moins caustique, les résultats extraordinaires de cette presse d'exception qui fleure bon la naphtaline, pour apprenti rentier, voleur sôlidaire de 50 ans et plus.

Après avoir passé 30 ans à mariner dans son jus, à se vautrer dans la bien pensance confortable, à ronronner tranquillement, à accompagner et conforter les tartufes baby boomers (et plus), pendant que leurs faux patrimoines grossissaient et que les réalités et problèmes les plus évidents étaient tus, pour continuer à baigner dans la moiteur confortable de la lâcheté des faillis et que surtout aucune décision courageuse ne soit prise, on les sent tous un peu démunis et sans cadre d'analyse maintenant que sonne l'heure du grand reset du Ponzi et du susdit vol "sôlidaire", et que plus rien n'arrive à empêcher tous les problèmes cachés depuis 30 ans de déborder de la fosse septique...

Une presse si chère et si peu lue
hashtable, H16, 08/01/2011 (en Français texte en français )
→ lien
le chiffre du tirage de l’ensemble des quotidiens nationaux, une fois débarrassé de sa gangue de pipeau visant à le faire gonfler, s’établit maintenant à moins de 600.000 exemplaires.

Oui, vous avez bien lu : les grands quotidiens nationaux, si l’on omet les tirages distribués gratuitement, arrosent péniblement 600.000 lecteurs payants par jour. Pour 65 millions de Français, c’est plutôt mince. Cela fait un petit pourcent. Et si l’on considère seulement les foyers fiscaux qui payent quelque chose, soit 26 millions et des brouettes, cela veut donc dire que sur 100 Français qui payent pour cette presse sans fond et sans fonds, un peu plus de 2.26 la lisent.

la Tribune est si peu lue qu’elle s’est récemment placée en procédure de sauvegarde (étape par laquelle est passée Libération en son temps), le Monde est en déficit quasi-chronique depuis plusieurs années (déficit dont la taille ramène celui du Monde Diplodocus, serpillière gauchiste au lectorat confidentiel, au rang d’aimable bévue comptable); quant à l’inénarrable Libérasssion, vernis culturel officiel de l’intellectuel parisien à la mode, il patauge dans les pertes, d’argent et de lectorat, au point que les rats envisagent de plus en plus ouvertement de quitter un navire qui n’a rien du Titanic et tout d’une petite barcasse de pêcheur trouée, abandonnée à même la plage.

Les gens de qualité qui sont actuellement acoquinés à ces étrons de papier, pour des raisons alimentaires, j’en suis sûr, sauront se reconvertir, trouver des débouchés à leurs talents. Et les autres retourneront à leur métier de base : la voyance ou la chiromancie.

La France peut avoir une presse de qualité. Mais avant cela, il faut définitivement terrasser l’exécrable production actuelle !

A quand un ZeroHedge français sur papier   

Typiquement, plutôt que de se contenter de copier/coller les dépêches AFP ou de tendre le micro tout mou aux toujours mêmes "experts" qui ne comprennent rien, ils pourraient employer des journalistes à ... je sais pas moi... réellement produire de l'information.

Revenir à la base : faire de l'investigation. Mais attention, pas de l'investigation où on envoie un gugusse au bout du monde filmer des images bien sanglantes de je ne sais quel clan qui tire à la kalach sur je ne sais quel autre clan, histoire d'avoir des images choc pour occuper le cerveau reptilien du peu de lecteurs qu'il leur reste... Les agences de presse font déjà ça très bien.

Non, je parle de faire de l'investigation statistique. Avec des gars payés à aller éplucher et compiler les chiffres publics du fisc, à faire chier les gars de l'INSEE pour obtenir des séries d'information inédites, sur des axes encore jamais analysés... Histoire de produire de vraies analyses et de regarder le pays comme il est et pas comme on voudrait qu'il soit. Et de regarder vraiment dans les entrailles du biniou plutôt que de juste se contenter d'en effleurer la surface.

Quelques pistes :
  analyser quelle part de la croissance française est due aux prix débiles de l'immobilier, alors qu'il est évident que sans cette bulle immobilière, ce pays est en récession depuis plus de 10 ans... Éplucher aussi au passage la composition du PIB...
  sortir des graphiques à jour des revenus des 1%, 0,1%, 0,01% les plus riches, à la Piketty.
  analyser le budget de l'État, (tout compris, avec la redistribution, la sécu toussa toussa), et voir qui paye pour qui, par âge, et combien.
  analyser la composition des déciles de revenus et de patrimoine par âge.
  analyser qui détient les assurances vie, par âge. Et l'évolution des patrimoines par âge au cours du temps...
  analyser comment la France se comporte comme un Lehman Brothers géant et sauve (pour l'instant) sa balance courante, en empruntant à pas cher pour prêter aux PIIGS par l'intermédiaire des assurances vies et de la fausse épargne des français... Avant la grande faillite...
  analyser qui sont les propriétaires et les locataires.
  avoir de vraies statistiques sur l'immigration.

Et peut-être qu'en informant réellement les gens sur la réalité du pays, ils arriveront à revendre du papier. Mais bon, ça nécessite d'avoir des journalistes capables de faire un tableau excel, de trier sur une colonne, et de faire une règle de trois.

Et c'est sans compter qu'informer réellement les gens rentre en conflit direct avec leur première prérogative (et que j'imagine indispensable de respecter pour espérer toucher les subventions de l'État) qui est de maintenir la confiance dans le Ponzi de l'occident, quoi qu'il arrive.

Bref, l'exact contraire de ce qu'ils font aujourd'hui, avec ces articles à la con, à ne faire que du qualitatif littéraire et jamais de quantitatif rigoureux, à faire de la quantité et de la page, où on fait baigner les gens dans le bruit de fond et on leur donne l'impression qu'ils sont informés. Le genre d'articles où on vous explique en 700 mots que l'ISM est ressorti à +3,47% entre novembre 2008 et novembre 2009, avec force blabla, et tendage de micro mou à je ne sais quel "expert" pour meubler avec des quotes déformées au milieu, sans jamais ne serait-ce que mettre un graphique de la donnée sur longue période... Comme si les gens avaient le temps de se farcir tous les jours 40 pages de blabla et de brassage d'air qui pourraient tenir en 2 pages. Si la presse se contente juste de broder et de faire de la prose pour "délayer" les infos des agences, c'est juste de la perte de temps pour le lecteur... Même plus les croulants...

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