vendredi 24 septembre 2010

Réflexions personnelles sur les cycles de Kondratieff et les raisons de la crise

Je lis souvent que la crise actuelle est une crise de croissance et des analyses de type cycle de Kondratieff basées sur des questions de croissance qui s'essoufle et de grappes technologiques...

Mais je ne suis pas d'accord sur ces analyses.

Pour moi, ces questions de cycles de Kondratieff, c'est clairement un phénomène monétaire.

Où régulièrement, les hommes oublient ce que c'est que de la bonne monnaie et se mettent à se surendetter comme des cons (augmentation de la dette supérieure à la croissance).

Soutenus en plus, dans un premier temps, dans leur connerie par le fait que cette dernière semble être une bonne idée vu que la dérivée de l'endettement vient s'ajouter à la debt carrying capacity (cf
ce post) :



Ce qui ne peut amener le système qu'au crash.

Et la crise commence dès lors que la dette n'arrive plus à accélérer (je dis bien accélérer, pas augmenter).

Sinon, sur l'aspect récurent des cycles, je ne suis pas d'accord en revanche sur le fait de définir un intervalle bien régulier entre deux événements de connerie humaine. Mais il y a clairement après chacun d'entre eux une période de vaccination où chacun est immunisé au surendettement.

Mais aujourd'hui, avec les plèbes impériales lobotomisées et déresponsabilisées, c'est même pas dit qu'on aie encore cette période de vaccination. Hier encore, je voyais qu'ils avaient été obligés de rajouter en petits caractères en bas des pubs pour du crédit à la conso qu'il fallait les rembourser les sous   

Sinon, pour ce qui est de relier ça à la croissance, effectivement, si une économie continue de s'endetter à 10% du PIB par an et que la croissance passe de 10% à 2%, alors en effet, on va vers une crise du surendettement. Mais on pourrait tout aussi bien obtenir la même chose avec une économie qui croît durablement à 2%, et un accroissement de la dette qui passe de 2% du PIB à 10% du PIB. Et à l'inverse, si une économie passe de 10% de croissance à 2%, et que l'endettement suit, vous n'aurez aucune crise...

Ces analyses liées à l'innovation et à la croissance ne s'attachent qu'aux symptômes. Pas au mal lui même.

Car en effet, si le monde en venait à s'arrêter durablement de croître pour des raisons tant démographiques que de peak everything, il va falloir repenser tout ça. Et puis, on ne va pas continuer à doubler la population tous les 20 ans. Déjà, hormis en Afrique et au Moyen Orient, les taux de fécondité s'effondrent partout.

J'entendais l'autre jour Jean-Marc Daniel expliquer que les économistes n'apportaient aucune nouvelle réponse avec cette crise. Pour ma part, je suis persuadé que ce dont le monde a besoin, ce sont de penseurs de la déflation et qui permettraient de tuer le Ponzi en douceur, de faire en sorte que le système puisse tenir même en déflation durable et soutenable, sans forcément qu'il y aie de la croissance.

EDIT : comme l'explique fort à propos wiz ici, la dette est un marqueur d'inégalités croissantes alors que ceux qui ont besoin de consommer divergent de plus en plus de ceux qui perçoivent l'argent. Ainsi la dette occidentale finance la croissance ... des émergents. La dette est un marqueur de la non correspondance entre le consommateur et de celui qui perçoit des richesses qui permettraient de les payer.

Ainsi, tant que la dette a crû, on a eu la possibilité de faire baisser les taux pour en diminuer l'effet. Jusqu'à arriver à 0. Hooo la belle trappe à liquidités. Là où on en est aujourd'hui. Le Ponzi a buggué. Il est arrivé à son terme.

Il va donc falloir réduire la dette (par l'impôt idéalement). Mais réduire la dette veut dire réduire la quantité de monnaie. Il va donc falloir accepter la déflation. La déflation est la solution au Ponzi, et non l'inverse. L'hiver de K est la purge nécessaire.

1 commentaire:

  1. Il est faux de croire que la déflation réduit la dette. Il réduit l'endettement, oui, mais ce n'est pas la même chose. La déflation est une solution 'contre' les cycles économiques. la stabilité des prix en est une également. Mais les prix ne sont pas stables actuellement, quoi qu'en disent les économistes se référant à l'IPC (mauvaise mesure d'inflation)

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