mardi 13 avril 2010

De l'effet des taux d'intérêt sur l'immobilier

L'immobilier est un Ponzi qui est alimenté par les primo accédants et dont les prix sont largement liés à la capacité d'emprunt des emprunteurs. C'est un peu ce que dit Jean Pierre Petit quand il explique qu'acheter dans l'immobilier c'est faire un pari sur le marché obligataire futur, c'est à dire, faire un pari sur le fait que les taux ne montent pas.

Voici un petit fichier excel qui vous montre l'évolution de la capacité d'emprunt pour une mensualité de 800€ pendant 25 ans, selon les taux.

  Données sources : taux.xls





On voit bien qu'une éventuelle évolution des taux à la hausse jouerait fortement à la baisse sur cette capacité d'emprunt... Et par là même, sur les prix...

Pour les légions de sacrifiés sur l'autel de la dette immobilière, vous pouvez prier pour qu'ils fassent beaucoup beaucoup de Quantitative Easing pour que vos piles de parpaing continuent de valoir plus que vos dettes, et que vous ne vous retrouviez pas en negative equity, à devoir plus à la banque que ce que vaut votre T3 à 200 000€ avec vue imprenable sur la rocade...

Pour les autres, épargnez comme des pitits cochons et attendez que les taux montent et que les prix redeviennent normaux... (et si les taux ne montent pas, de toutes façons, ils ne pourront pas baisser plus).

Enfin, on voit tout de suite également la limite du miracle inflationniste sensé sauver les légions des endettés de la bulle. Car qui dit inflation, dit hausse des taux... Et qui dit hausse des taux, dit baisse de la capacité d'emprunt et blocage complet du marché immobilier aux prix actuels...

Bref, à part beaucoup beaucoup de Quantitative Easing qui permettrait de faire de l'inflation tout en gardant artificiellement les taux longs bas, je ne vois rien qui puisse sauver les surendettés du parpaing mal empilé. Sauf que visiblement, la BCE n'est pas franchement partie pour, et que même la FED a annoncé qu'elle allait arrêter la planche à billets...

3 commentaires:

  1. c'est assez comique de voir un informaticien de seconde zone qui se prend pour un économiste érudit

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  2. Dans votre remarque, Anonyme, on sent tout le fiel de quelqu'un qui vient de se prendre une gamelle à la bourse cette semaine. Vous êtes peut-être en plus propriétaire immobilier ?

    Les graphiques sont pourtant incontestables : avec une mensualité fixe de 800€, un taux qui passerait de 3 à 5% signifie une capacité d'emprunt diminuée de 20%. Avec à la clé un bloquage du marché, donc une baisse.

    C'est pourtant simple : la montée des prix de l'immoblier s'est faite à crédit. Et maintenant, il nous faut rembourser...

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  3. Merci pour le graph, très instructif et éloquent à souhaits.

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(Les commentaires sont modérés pour éviter la fête au n'importe quoi. S'il n'apparaît pas de suite, ne vous inquiétez pas, c'est que je ne l'ai pas encore modéré.)