vendredi 5 mars 2010

Une crise de la dette, une crise de la mondialisation ? Non ! Une crise de la fiscalité ! (3)

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Alors que se prépare partout la grande rigueur, qui va accompagner le grand déclin, petite revue de presse de ce qu'on peut entendre sur BFM Radio.

C'est parti, c'est le grand déballage de la stratégie du choc.

L'offensive générale est lancée...

Pascal Pery
BFM Radio, Regards sur l'actu, 03/03/2010 (en Français texte en français )
http://nr.proxycast.org/m/media/254054201588.mp3?c=information&p=BFM&l3=channel13&media_url=http%3A%2F%2Fpodcast.bfmradio.fr%2Fchannel13%2F20100304_gjournal_8.mp3
6mn40 :
On sait très bien que l'an prochain que la croissance sera moins liée au marché intérieur et qu'il faudra exporter.

9mn30
Ca veut dire aussi pour l'opinion française qu'il y a un certain nombre de choses auxquelles il faudra renoncer. On ne pourra pas niveler par le haut. On voit bien d'ailleurs que le nivellement par le haut coûte extrêmement cher. Il faudra trouver des compromis, en matière de richesse, de partage de la richesse, en matière du poids de la sphère publique, des dépenses publiques dans le poids général des budgets des Etats...

Je vous passe le reste de l'émission qui se félicite de la montée en puissance de la dictature européenne et autres joyeusetés... La strétégie du choc y est quasiment évoquée : il y est question d' "électrochoc", d' "intimidation"...


Taux d'imposition des plus riches depuis 1915

On sent que dans leur esprit, l'effort doit être partagé ... entre les pauvres et les un peu moins pauvres    Et ils comptent bien profiter de la crise pour se goinfrer encore un peu plus...



Et décidément, c'est qu'ils la veulent très très fort les ploutocrates, leur crise de 29 bis...

Une bonne grosse crise de la demande solvable, la guerre économique mondiale pour inonder son voisin de ses exportations en détruisant sa propre demande solvable chez soi... Toute la planète veut faire du modèle allemand/chinois. C'est ridicule. Tout le monde ne peut pas s'en sortir par les exportations   

Mais bon, ils se croient très brillants comme toujours. Donc je crois qu'on va encore devoir subir les conséquences de leur bêtise et on peut dores et déjà se résigner au déclin.

Et à mon avis, ça va même au delà. C'est carrément de l'ordre civilisationnel ce qui se joue aujourd'hui : je ne peux m'empêcher d'avoir à l'idée que les ploutocrates occidentaux sont désormais en guerre économique ouverte contre l'Asie pour garder l'hégémonie planétaire et les monnaies fortes/de réserve.

Sauf que ce qui rend nos monnaies fortes bien évidemment, c'est le fait qu'on aie une classe moyenne nombreuse, avec des revenus permettant de consommer. Mais visiblement, ils ne veulent pas l'entendre ça    Ca ne permet pas de justifier toujours moins d'impôts pour les riches, et donc il faut vite écarter ces évidences du corps doctrinal...

Et je vous passe aussi l'habituel TINA   
Il n'y a pas d'autre alternative

Sinon, sur les Experts, il y avait Mathilde Lemoine d'HSBC. Elle est bien la Mathilde. De toutes façons, quelqu'un qui ose dire que l'immobilier est trop cher, ne peut pas être foncièrement mauvais    Et surtout, elle a très bien compris ce qui se joue :

Mathilde Lemoine
BFM Radio, Les experts, 04/03/2010 (en Français texte en français )
http://nr.proxycast.org/m/media/254054201588.mp3?c=information&p=BFM&l3=channel78&media_url=http%3A%2F%2Fpodcast.bfmradio.fr%2Fchannel78%2F20100304_experts_1.mp3
C'est vraiment un débat qui va monter et qui va se poser avec accuité au moment où les impôts devront augmenter pour payer la facture de la crise. Et ce qui va se passer, c'est que les entreprises comme les ménages ont été au guichet de l'État pour limiter les effets de la crise. Ce qu'on trouve très positif mais ensuite il va falloir payer. Et si à ce moment là, il y a toujours ces inégalités liées au bouclier fiscal, que ceux qui n'ont pas vraiment subi la crise ne voient pas leur impôt augmenter plus que les autres, je pense que là, les tensions seront extrêmement fortes.

Tout le monde va devoir choisir son camp désormais, entre le grand déclin et toujours plus pour les mêmes qui ont déjà tout (  XIXème siècle), ou le maintien de notre richesse en forçant les riches à assumer leur responsabilité et à financer la collectivité en proportion de leurs revenus (  1950's).

Cette crise a le mérite de poser une dialectique très claire et la ligne de front est devenue vraiment visible.

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