dimanche 7 mars 2010

Prévisions officielles du déficit américain

Paging Ken Rogoff: CBO Revises Budget Deficit Higher By $1.2 Trillion, Says In 2020 Debt Will Be Over $20 Trillion, Debt-To-GDP At 90%
ZeroHedge, 04/03/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/paging-ken-rogoff-cbo-revises-budget-deficit-higher-12-trillion-says-2020-debt-will-be-over-


Les USA ont revu leurs prévisions de déficit et reconnaissent officiellement (Congressional Budget Office) qu'au mieux le déficit atteindra 4% d'ici 3 ans et qu'ensuite il va regrimper vers 10% du PIB d'ici 2020 (pour financer les liabilities de medicaid et medicare j'imagine)...

Sachant que la réalité a toujours été pire que les prévisions   

Mais Rogoff (économiste en chef au FMI et professeur à Harvard), visiblement, a lu le livre Balance Sheet Recession de Richard Koo...



Ken Rogoff On Japan's Slow Motion Crisis
ZeroHedge, 04/03/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/ken-rogoff-japans-slow-motion-crisis
If you listen to American, European, or even Chinese leaders, Japan is the economic future no one wants. In selling massive stimulus packages and bank bailouts, Western leaders told their people, “We must do this or we will end up like Japan, mired in recession and deflation for a decade or more.”

And yet, visitors to Tokyo today see prosperity everywhere. The shops and office buildings are bustling with activity. Restaurants are packed with people, dressed in better clothing that one typically sees in New York or Paris. After all, even after nearly two decades of “recession,” per-capita income in Japan is more than $40,000 (at market exchange rates). Japan is still the third-largest economy in the world after the United States and China. Its unemployment rate remained low during most of its “lost decade,” and, although it has shot up more recently, it is still only 5%.

Dans cet article, il explique que malgré les deux décennies perdues du Japon depuis 90, et l'effondrement du prix des actifs, le Japon reste un pays prospère, qui aurait pu vraiment s'effondrer mais qui a tenu bon, en maintenant le PIB, en faisant de la dette publique pour absorber l'excédent d'épargne et la réinjecter en revenus.

On sent de suite que les idées de Koo sur la "balance sheet recession" ont fait leur bonhomme de chemin. Vous pouvez en lire beaucoup plus dans ce must read :


KOO’s “Good News” - Nomura Economist Says GDP Needn’t Fall In “Balance Sheet Recession”
welling@weeden, 02/2010 (en Anglais texte en anglais )
http://welling.weedenco.com/files/NLPP00001/803.pdf

Il s'agit d'une interview de Richard Koo, qui a écrit plusieurs bouquins sur le genre de crise du surendettement et de bulle d'actifs que l'on vit, et bosse pour Nomura, une banque japonaise.

C'est un article extraordinairement clair sur la crise japonaise et sur tout ce qui s'en vient pour nous.

  Le secteur privé qui se retrouve underwater sur sa dette. Les acteurs privés cherchent à restaurer leur bilan et refusent de s'endetter, même à taux 0. Ce remboursement de la dette entraine une réduction de la quantité de monnaie (85% des -33% sur le M3 durant la grande dépression provient de ce remboursement de la dette).
  On se fout des excess reserves des banques à la FED que tout le monde scrute. Comme le suggère Mish et Steve Keen, de toutes façons, personne ne veut emprunter cet argent.
  Le rôle de l'État est alors d'emprunter l'épargne excédentaire, que le secteur privé ne veut plus emprunter à n'importe quel taux.
L'État remplace dans la dette le secteur privé qui se désendette. Il maintient ainsi le niveau de dettes de l'économie, et donc la quantité de monnaie, et donc le PIB, et donc les revenus des gens, qui peuvent alors payer leur dette sans faire défaut.
  L'État n'a pas besoin de se financer sur les marchés vu qu'il se contente justement d'emprunter l'épargne locale excédentaire.


On voit bien d'ailleurs sur ce graphique la montée de la dette publique japonaise dans le même temps que la dette privée diminuait, pour permettre à ce qu'il faut bien appeler le "Ponzi des promesses de payer demain ce que je paye aujourd'hui" de continuer...

Visiblement, Koo a fait le tour du monde avec son analyse et a été reçu par plusieurs gouvernements.

En revanche, là où je m'interroge sur tout ceci, c'est qu'une fois que la "balance sheet recession" se termine, que les actifs ont fini de chuter, et que l'État se retrouve avec 200% du PIB de dette publique et quasiment plus d'épargne gratuite pour se financer, il fait comment l'État pour faire rouler cette dette ? Ils ont acheté du temps en fait. Mais maintenant ? Si la demande de dette du secteur privé repart, les taux vont monter, et l'État va avoir toutes les peines du monde à se financer...

Ce qui fait conclure Rogoff dans l'article du dessus :
Investors who have bet against Japan in the past have been badly burned, grossly underestimating the Japanese people’s remarkable flexibility and resilience. But the fiscal road ahead looks increasingly perilous, with political consensus fraying badly in recent years.

In the end, are foreign leaders right to scare their people with tales of Japan? Certainly, the hyperbole is overblown; the Chinese, especially, should be so lucky. But nor should apologists for deficits point to Japan as reason to be calm about outsized stimulus packages. Japan’s ability to trudge on in the face of huge adversity is admirable, but the risks of crisis ahead are surely greater than bond markets seem to recognize.

En même temps le Japon a réussi à acheter 20 ans comme ça et à éviter l'effondrement pur et simple. Ce n'est pas rien.

En revanche, pour les USA qui n'ont pas une épargne intérieure suffisante à recycler pour combler le déficit public, je ne suis pas sûr qu'ils puissent appliquer à eux mêmes cette solution...

Ça fait un peu suite à l'article de tropical bear que je discute ici...

A suivre...

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