vendredi 26 mars 2010

L'Europe se voit imposer la déflation des salaires par l'Allemagne

Je cite Laloupe qui n'aurait pas pu mieux résumer la situation :

Pour moi le plus gros message déflationniste est arrivé hier soir. Les modalités de l'aide grecque et les concessions faites par la BCE et la France sont sans appel :
  Ce plan est activé uniquement au cas où la Grèce est en cessation de paiement. Elle n'a donc à sa disposition aujourd'hui que la rigueur budgétaire comme instrument. La croissance ne l'aidera pas car il n'y en a tout simplement pas. Le plan Grec prévoyait 0.3% de contraction de PIB cette année, hors comme pour l'Irlande, on s'achemine vers du -2%.
  Ce plan contient une mesure essentielle : l'étude de nouvelles sanctions pour punir les pays qui ne respectent pas le traité et pour lesquels le budget est trop laxiste sur les déficits.
  Ce plan, est plus ou moins conçu à 50% États/ 50% FMI, n'est qu'un plan de dernier recours. Il fait que de facto, l'Allemagne aura droit à un véto le jour de la décision d''activer le plan.
  Trichet a capitulé et de plus, il est sur le départ. Il sera remplacé par un allemand (Weber surement) l'année prochaine. il n'y aura donc pas de machine à imprimer de l'argent comme au UK ou aux US.
  Nicolas Sarkozy, en délicatesse depuis les régionales a fait cette concession pour garder un pouvoir de négociation sur la PAC (le vote des agriculteurs pour 2012). De plus, une rigueur ne serait pas pour déplaire à l'électorat historique de la droite (ceux qui détiennent la dette et qui ne veulent pas qu'elle soit dévaluée).

Ne vous trompez pas, le plan grec n'est rien d'autre que les nouvelles règles du jeu en Europe et ce que les autres pays endettés devront accepter (France y compris). Plus le pays concerné sera gros, et plus le poids de l'Allemagne augmentera.

La rigueur va donc arriver très très vite chez nous et sévèrement. Tout ceci est extrêmement déflationniste pour l'immobilier.

On peut tourner les problèmes dans tous les sens et chercher toutes les portes de sortie possibles. A terme le budget immobilier des ménages ne peut que chuter :
  Il n'y a plus rien à espérer au niveau des taux (et encore moins quand Trichet sera parti),
  La France va être contrainte d'arrêter ses niches fiscales (cf modalités du plan de la Grèce),
  Le pouvoir d'achat des ménages va baisser (baisse des prestations sociales diverses et diminution des services publics),
  D'autres postes du budget sont déjà entrain de gonfler (école, santé, retraite perso, énergie),
  Une hausse de la fiscalité est inéluctable,
  Les séniors vont DEVOIR vendre leur patrimoine pour couvrir leur frais de santé (cf projet de loi nora berra),
  68 % de la dette de la France est détenue par des non-résidents (c'est un des pourcentages les plus élevé dans le monde). Vous me direz quid du Japon, et bien au Japon c'est 8% alors ils peuvent continuer comme cela pendant longtemps.

Donc oui, le prix de plusieurs choses va fortement augmenter. Par contre, le budget immobilier lui va fondre comme neige au soleil.

Perso, à Auteil dans le 3èm course, je miserais sur Garde-ton-pèze. C'est peut être pas le canasson le plus sexy, mais il sera là à l'arrivée, lui.

a+

laloupe

Tout est dit   

Je rajouterai juste tout de même que la baisse du poids du logement dans le budget sera le seul moyen de faire accepter aux travailleurs la baisse de leurs salaires, s'ils sentent que la déflation des salaires sera également suivie par les coûts. Et surtout, ça fera porter une grosse partie du poids de la déflation aux rentiers, qui se sont goinfrés de fausse monnaie avec la bulle et leur faire recracher ainsi cet argent indûment gagné.

Par contre, pour tous les ouineurs primo accédants endettés récemment... Et bien... Comment dire ? Quand ils comprendront que le système ne veut pas leur bien mais uniquement leur argent (c'est à dire leur travail), ils auront déjà fait un très grand pas. Et qu'en conséquence, il faut arrêter d'avoir confiance dans les représentants de ce dernier (politiques, médias, finance, agents immobiliers...), et dont le "travail" (avec tous les guillemets qui vont bien) consiste en gros à organiser pour la rente le pillage des classes moyennes en échange de quelques gros morceaux, pour bons et loyaux services rendus à la ploutocratie.

Seb Musset : Immobilisés dans l'immobilier

 Y'a plus qu'à gentiment patienter, et à continuer d'épargner comme des cochons.

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