jeudi 18 mars 2010

Le PS renaîtrait-t'il de ses cendres ? (2)

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Enfin un discours de vérité et sincère. La gauche sort du "on rase gratis".

Et la question qui se pose clairement désormais, c'est "qui va payer pour le plan d'ajustement structurel ?".

Et surtout, est-ce que maintenant que les vieux sont majoritaires, la démocratie, ça signifie seulement qu'on se doit d'envoyer les jeunes actifs et leurs enfants aux restaurants du cœur pour payer les thalassothérapies des vieux ?


François Hollande
France Inter, le 6h30/10h, Nicolas Demorand, 17/03/2010 (en Français texte en français )
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/video/invite


5mn27 :
François Hollande : Qu'est ce que nous pouvons faire ? Qu'est ce que nous devons faire ? Et qu'est ce qui est aujourd'hui une contrainte qui pèse sur nous et qui nous empêche... Parce que quand on va hériter d'un endettement historique, des déficits sociaux, des déficits budgétaires considérables, on ne peut pas se permettre de dire "on va tout faire". Non, on va faire ce que nous devons faire.

14mn50 :
Bernard Guetta (excellente question soit dit en passant) : Historiquement, traditionnellement, l'arrivée de la gauche, la promesse de la gauche, c'est l'extension de la protection sociale. Vous le disiez à l'instant, la situation économique nationale, européenne ou internationale ne le permet pas ou le permet très peu. A quoi est-ce que la gauche peut s'identifier dans la prochaine compagne présidentielle ?
François Hollande : Je pense qu'il y a deux questions qui doivent être tranchées, c'est la question de l'égalité et de la justice sociale. Parce que aujourd'hui, qu'est ce qui fait qu'il y a cette colère, qu'il y a cette contestation, ce rejet de l'équipe en place. C'est parce que tout ce qui est décidé n'est pas juste. Tout est marqué du sceau de l'inégalité. C'est accommodant pour les plus puissants, et difficile pour la très grande majorité. Le rôle de la gauche, c'est de remettre de la justice et de l'égalité dans tous les choix. Et c'est pour ça que j'ai proposé aussi une réforme fiscale qui permettra que l'effort soit partagé. Mais on ne veut pas une politique simplement pour la justice sociale. Ça c'est le but ultime, c'est le levier, c'est aussi ce qui permet la réforme. Nous devons réévaluer l'idée de progrès. L'idée de progrès, c'est le fait qu'une société puisse avancer. Comment peut-elle avancer dans ce contexte de crise ? En mettant la priorité sur la jeunesse. Je considère qu'aujourd'hui, ce sont les jeunes qui sont la génération sacrifiée de la sortie de crise.

Sur la justice sociale et la répartition de l'effort des plans d'ajustement structurel sur ceux qui en ont le plus les moyens, je ne reviens pas dessus.

En revanche, je note cette exergue sur la jeunesse. Enfin un parti qui a compris que tous ne peuvent pas gagner uniquement en essayant de racoler les voix des vieux.

Et puis c'est quoi ces pays occidentaux vieillissants où on sacrifie tout sur l'autel de la jouissance matérielle de cette génération qui a déjà tout eu. Ils ont eu l'inflation quand ils étaient jeunes et qu'ils s'endettaient et se sont débarrassés de la rente de leurs parents, ils ont eu le plein emploi quand ils travaillaient, ils ont eu la rente à son maximum et les bulles d'actif quand ils sont arrivés vers la cinquantaine et se retrouvaient avec la majeure partie de l'épargne... Et maintenant, ils exigent qu'on sacrifie l'avenir, pour leur payer leurs thalassos et leurs voyages aux Maldives, et qu'ils aient bien leurs petites vies dorées jusqu'au bout ? Et après eux le déluge...



S'il y a un problème de retraite ? Et bien que les vieux s'arrangent entre eux. Les actifs ont déjà assez donné ! Ce graphique est pour le moins parlant :


Ou encore ce graphique sur l'âge de l'assemblée nationale au cours du temps :


Alors il va falloir arrêter de nous dire dans la propagande : "il n'y a pas de conflit de générations". Et bien si. Il y en a un. Et un énorme !

Aujourd'hui, on a pas mal de vieux qui touchent déjà 5 000€ de loyers, qui se sont goinfrés en revendant 300 000€, à leurs gosses surendettés avec des crédits à 30 ans, des tas de parpaings ou des terrains achetés 150 000 Frs 10 ans avant, ou qui exigent des loyers exorbitants sur cet immobilier acheté pour rien. Des vieux qui ont acheté la capitalisation boursière pour rien et touchent maintenant 5% de dividendes sur les prix d'aujourd'hui qui ont fait fois 4 en 30 ans, et qui ponctionnent ainsi quelque chose comme 10% du PIB.

Et s'il y a un problème de vieux dans la misère (car il est vrai que les inégalités au sein d'une génération s'accroissent avec l'âge et la magie des intérêts composés), et bien qu'ils ponctionnent les retraites de ces premiers pour augmenter celles de ces derniers.

La jeunesse en a assez d'être sacrifiée et de voir son misérable pouvoir d'épargne/consommation racketté par les vieux. Car il faut dire clairement les choses : les retraites des vieux sont illégitimes : ils ont cotisé 40 ans, 10% du PIB, soit 4 années de revenus. Ils arrivent à la retraite avec plus de 20 ans d'espérance de vie et demandent qu'on leur paye quelque chose comme 80% de leur salaire le plus élevé, soit quasiment 20 années de revenus (quand ils n'en ont cotisé que 4). Je ne remets pas en cause la retraite par répartition. C'est clairement le bon système. On ne va pas tarder à le voir d'ailleurs avec ce qui va rester des retraites par capitalisation des anglo saxons. Mais quand un vieux touche une retraite et qu'il l'épargne, c'est clairement du racket organisé des jeunes par les vieux.

Car, alors qu'ils ne cotisaient quasi rien pour leurs propres parents, ils arrivent à la retraite en laissant déjà un gouffre énorme, n'ont clairement pas du tout assez cotisé pour payer leurs propres retraites, et ils exigent maintenant, pour certains, que les actifs d'aujourd'hui leur versent en plus des dividendes, intérêts et loyers qu'ils perçoivent, des retraites grotesques qu'ils vont épargner intégralement. Et je ne parle même pas de cette farce de la dette publique qu'ils ont creusé eux mêmes. Et maintenant, il faut que leurs enfants leurs payent des intérêts sur leurs assurances vie en euros pour les impôts qu'ils n'ont pas payés eux mêmes.

Mais si ils s'acharnent dans leur traite, en empêchant que les jeunes puissent accéder à leur tour aux actifs en comprimant et ponctionnant les revenus du travail, et en leur laissant juste ce qu'il faut pour consommer sans pouvoir épargner, ça finira très simplement : par l'exode des jeunes. Et les vieux se retrouveront tout seuls, propriétaires des ruines.

Parce que vu le gouffre démographique qui arrive sur l'occident, ça risque sérieusement d'être la course entre pays, pour attirer les travailleurs de ses voisins... Et les rentiers français auront bien effectivement tout le gâteau pour eux. Sauf qu'il risque de franchement pas être bien gros...

Il n'y a plus qu'à attendre que l'Allemagne, face à son effondrement démographique, avec son immobilier pas cher et des salaires un peu meilleurs qu'en France, mette en place tout ce qu'il faut pour permettre aux jeunes européens de franchir la barrière de la langue et de s'installer là bas... Et nos rentiers locaux pourront toujours s'accrocher à leurs exigences de loyers débiles   

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