lundi 15 mars 2010

La stratégie non coopérative de l'Allemagne

Eurozone : le cauchemar Allemand
Financial Times via ContreInfo, Martin Wolf, 10/03/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=8953
Les surplus des uns sont les déficits des autres. En utilisant un modèle à trois secteurs - public, privé, étranger - Wolf analyse les contradictions du moment.

Si le secteur public, l'État, redresse ses comptes et dégage un surplus, cela se traduit par une diminution des revenus du privé - et donc un ralentissement de l’économie - à moins que le privé ne génère de son côté un excédent grâce aux exportations.

D’où le nouveau mot d’ordre : tous exportateurs, à l’image de l’Allemagne !

Mot d’ordre évidemment illusoire, puisqu’on ne peut dégager de surplus à l’exportation que si la balance commerciale d’autres pays devient déficitaire.


« Permettez moi de l’exprimer abruptement : les excédents structurels du secteur privé et de la balance courante de l’Allemagne rendent virtuellement impossible pour ses voisins d’éliminer leurs déficits budgétaires, à moins d’accepter un ralentissement prolongé de leur activité », avertit Wolf, qui souligne les incohérences de la position de Berlin.

Où l'Allemagne joue en Europe le même rôle que la Chine au niveau mondial...

D'ailleurs, ça commence à râler en Europe (merci à bulledog de la bulle-immo) :

Zone euro : Christine Lagarde s'en prend à la politique économique allemande
Le Monde, 15/03/2010 (en Français texte en français )
http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/03/15/zone-euro-christine-lagarde-s-en-prend-a-la-politique-economique-allemande_1319150_3234.html
La ministre française estime que l'excédent commercial de l'Allemagne pourrait être insupportable pour ses voisins de la zone euro. "Ceux avec des excédents pourraient-ils faire un petit quelque chose ? Chacun doit y mettre du sien", déclare-t-elle au FT. "Il est clair que l'Allemagne a accompli un extrêmement bon travail au cours des dix dernières années environ, améliorant la compétitivité, exerçant une forte pression sur ses coûts de main-d'œuvre, explique-t-elle. Je ne suis pas sûre que ce soit un modèle viable à long terme et pour l'ensemble du groupe [de la zone euro]. Il est clair que nous avons besoin d'une meilleure convergence."

Vous noterez que dans l'esprit d'un ministre de droite, alors qu'on est en pleine crise de la demande solvable, et d'explosion des inégalités, baisser les salaires des serfs est toujours "un extrêmement bon travail"   

Quoi qu'il en soit, la France commence à dire ouvertement que l'Allemagne a construit sa belle balance commerciale sur le dépiotage des économies de ses voisins... Tout ça pour une misérable croissance allemande de 1% en moyenne...

Mais à qui profite donc le crime ? Je me le demande-je...   


Et j'ai ma petite idée là dessus   

Quant à relancer la consommation, comme le fait remarquer notre cher pangloss, vu la pyramide des âges allemande, c'est franchement pas gagné :


Naturellement, ce que dit Martin Wolf dans le premier article est de bon sens. Tout le monde ne peut pas être exportateur avec des salariés sous payés incapables d'acheter leur propre production... Ça n'a pas de sens au niveau mondial. Il va être où ce super consommateur qui va sauver la planète ?

Par contre du coup, Martin, je sais que tu écris dans le Financial Times et qu'on ne peut pas tout y écrire, mais il faudrait aller au bout de ton raisonnement.

  Pour que la production puisse être consommée, il faut augmenter les salaires.
  Pour augmenter les salaires, il faut redistribuer les richesses via l'impôt.
  Et pour que les riches payent l'impôt, il faut les empêcher de faire fuir leurs revenus.
  Et pour les empêcher de faire fuir leurs revenus, il faut restreindre la liberté de mouvement des capitaux...

Peut être, un jour, le raisonnement logique et complet dans le Financial Times... On peut toujours rêver...

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