dimanche 21 mars 2010

La FED parle de supprimer les exigences de réserve fractionnaire (2)

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Réponse très intéressante de kosmo, suite à mon post, que je reprends ici :

Mon avis est que la FED aligne ses instruments de politique monétaire sur ceux de la BCE :

   un taux de réserve obligatoire peu contraignant :
La FED impose pour l'instant un taux de réserve de 10%, alors que la BCE impose un taux de réserve de 2% uniquement, qui n'est pas une contrainte très forte à la production de crédit. En Eurozone, la production de crédit est en réalité plus contrainte par les ratios de solvabilité (Bâle II) que par les taux de réserve obligatoires. Or, Bâle II n'a été que très récemment appliqué au US (pendant la crise en fait). C'est probablement pourquoi la FED devait maintenir un contrôle quantitatif sur le crédit, et pourquoi elle envisage de le relâcher pour laisser le contrôle qualitatif opérer.
Il me semble que certains pays (Autralie de mémoire), n'ont plus de taux de réserve obligatoire du tout.

   la rémunération des réserves :
C'est ce que fait déjà la BCE. Il peut effectivement paraître un peu injuste que les dépôts des banques à la banque centrale soient rémunérés, alors que les dépôt des agents économiques auprès des banques, qui ont contribué à les constituer, ne le sont pas, mais c'est comme ça, et au fond pas plus injuste que le reste des profits des banques.
Là encore, il faut comprendre que les instruments de politique monétaire de la FED étaient historiquement fait pour exercer un contrôle quantitatif sur la monnaie. Ce contrôle quantitatif a été utilisé pendant les années 60 pour faire de la relance keynésienne avec quelques succès, puis, comme ça ne fonctionnait plus et dans les années 70, la FED est revenu dans les années 80 a un contrôle strict de la base monétaire. Le champion de ce monétarisme était Volcker, jusqu'à ce que son intransigeance provoque le krach obligataire de 91 par une remontée des taux trop brutale. Derrière Greenspan a bricolé quelque chose d'un peu plus souple, et qui est devenu de plus en plus souple jusqu'à l'éclatement de la bulle.
Bref, la FED a pratiqué les politiques monétaires les plus laxistes et les plus strictes, mais dans le principe, c'était toujours du contrôle quantitatif de la base monétaire, qui via le multiplicateur monétaire contrôle la masse monétaire.
Dans, l'Eurozone, c'est un peu différent, parce que la BCE n'a pas de politique monétaire, ou ce qui revient au même n'en a qu'une, statutairement définie : le ciblage de l'inflation.
Pour ce faire, les instruments de politique monétaire institués jouent prioritairement sur la liquidité interbancaire plutôt que sur un contrôle quantitatif de la base monétaire. Les taux directeurs montent ou descendent selon qu'il y a trop d'inflation ou pas assez, et la BCE fournit ce qu'il faut de liquidités pour que les taux s'ajustent.
La rémunération des réserves fait partie des éléments qui rendent efficace ce contrôle via la liquidité, parce qu'ainsi, une banque n'a pas intérêt à prêter sur le marché interbancaire à un taux significativement plus bas que le taux directeur.

Bon en résumé, pour moi :
   la FED aligne ses instruments sur ceux de la BCE, probablement parce qu'elle s'apprête à faire du ciblage d'inflation. C'est plutôt une bonne nouvelle qui marquerait la fin des tentatives de relance par la politique monétaire à la Greenspan
   en revanche, ce qui pourrait se passer, c'est qu'une cible d'inflation différente de celle de la BCE (2%) soit choisie. Le retournement de veste du FMI, qui a proposé une cible de 4% pour les années à venir, s'est fait au même moment que cette annonce de Bernanke. Coïncidence?

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