dimanche 14 mars 2010

La Chine au bal des faux culs et de la schizophrénie (1)

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Wen Jiabao, premier ministre chinois a donné une importante conférence de presse sur le taux de change du yuan et le protectionnisme. Ce qu'on y lit est tout bonnement hallucinant de mauvaise foi :

Wen Defends Exchange-Rate Policy
Wall Street Journal, Andrew Batson, 14/12/2009 (traduire en Français texte en anglais )
http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703780204575120542721836752.html
Premier Wen Jiabao Sunday warned other countries not to pressure China over its exchange-rate policy, and argued strongly that the yuan isn't undervalued.

"First of all, I do not think the renminbi is undervalued"

  

Alors quand même, il faut savoir que le taux de change officiel est de quelque chose entre 6 et 7 yuans pour 1 dollar. Or, en parité de pouvoir d'achat, avec 100 à 200 yuans, en Chine, on achète les mêmes biens qu'avec 100$ aux USA...   

La parité du pouvoir d’achat: acheter intelligent en Chine
Business Internet Chine, 06/11/2009 (en Français texte en français )
http://www.business-internet-chine.com/business-chine/chinois/la-parite-du-pouvoir-achat-acheter-intelligent-en-chine.php

Ou encore ce tableau officiel de la banque mondiale :
Relative prices and exchange rates
Banque Mondiale, 14/03/2005 (traduire en Français texte en anglais )
http://devdata.worldbank.org/wdi2005/Table5_7.htm
En 2005, le taux de change officiel était de 8,3 yuans pour un $ alors qu'en parité de pouvoir d'achat, 1,8 yuans achètent autant que 1$...

  

Ce qui, au passage, signifie qu'en parité de pouvoir d'achat, la Chine est de très loin devenue la première économie mondiale, et que la "richesse" occidentale n'est plus qu'une construction intellectuelle, une croyance, et qui est condamnée à moyen terme quand la planète ouvrira les yeux.

Naturellement, notre bon monsieur Wen Jiabao explique ensuite qu'il ne faut pas les embêter avec le taux de change, qu'il est bien sûr ultra pour le libre échange, et qu'il se méfie des tentations protectionnistes des pays occidentaux. Alors que la Chine avec son taux de change ridicule et ses limitations sur les exportations des terres rares n'a bien entendu rien à se reprocher   

But he said that some countries were engaging in protectionism in order to promote their exports. "All countries should be fully alarmed by this development," he said.

In a possible reference to U.S. policy on the dollar, he said, "What I don't understand is depreciating one's own currency and pressing other countries to appreciate their own currencies just for the sole purpose of increasing their trade," Mr. Wen said. "In my opinion this is trade protectionism."
Non mais sérieusement   Faut oser la faire celle là, quand même. Accuser les autres de vouloir faire une politique qui correspond exactement à ce que l'on fait soi même.

Looking outside of China, Mr. Wen said the world might face a "double dip" recession amid risks in financial systems and continued high jobless rates in many countries.
Et il avertit du risque d'un double dip en occident à cause d'un chômage trop élevé...   

Combien de temps nos dirigeants ayatollahs du libre échange, vont ils continuer à se coucher devant cette mascarade de libre échange et à sacrifier leurs peuples sur l'autel des juteux profits des multinationales, et maintenir ainsi au passage la dictature communiste en Chine ?

Mais bon, j'ai comme dans l'idée que dans leurs plans de démocratie 2.0, nos dirigeants occidentaux actuels doivent être plutôt envieux du modèle chinois, un peu comme les ploutocrates des années 30 qui ne tarissaient pas d'éloge pour l'ordre et l'organisation des sociétés fascistes.

Et même Artus de Natixis, après s'être complètement planté au début de la crise, sur son importance (voir ici sur les questions d'illiquidité, d'insolvabilité et de taille du marché des subprimes) et sur les solutions à apporter (politique de l'offre), six mois à un an après, il a fini par comprendre ce qu'il y avait vraiment derrière cette crise. Voici un des pdfs de Natixis sur le sujet, dont le titre est, en lui même, tout un poème :
La cupidité des pays de l’OCDE a sauvé le parti communiste chinois
Natixis, Patrick Artus, 03/03/2010 (en Français texte en français )
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=52020
Ces délocalisations sont dues à deux facteurs : la recherche de coûts de production faibles, la recherche d’une croissance plus rapide des chiffres d’affaires, le tout lié à la recherche d’une rentabilité élevée du capital par les entreprises des pays de l’OCDE. Si le rendement exigé du capital dans les pays de l’OCDE avait été plus raisonnable (8% et non 16% par exemple), la croissance chinoise aurait été beaucoup plus faible, et le parti communiste chinois ne serait sans doute pas resté au pouvoir.



Enfin, on notera que la Chine refait un plan de relance de 400 milliards d'€...
La Chine va poursuivre sa politique de relance économique
La Tribune, 14/03/2010 (en Français texte en français )
http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20100314trib000487112/la-chine-va-poursuivre-sa-politique-de-relance-economique.html
un plan de plus de 400 milliards d'euros.

"Nous devons nous assurer de la stabilité et de la continuité de notre politique, c'est-à-dire que nous devons poursuivre une politique budgétaire volontariste et une politique monétaire souple pour consolider la reprise"

Ainsi, comme l'occident durant ses 30 glorieuses, ils ont tout à construire. Et l'État y a gardé le contrôle de sa monnaie. Il peut donc très bien créer x milliards de yuans sans intérêts, et si avec, l'État crée des infrastructures, ça va créer de la valeur dans l'économie qui compensera la création monétaire, et le plan de relance va se rembourser tout seul, sans faire d'inflation...

En revanche, chez nous, le monétarisme et la haine du concept même de bien nationalisé dans les élites est en train de tuer l'occident et de l'étouffer sous le poids de la rente.

L'État veut de l'économie verte ? Et bien l'État, s'il est sûr de son coup, il n'a qu'à créer x de monnaie et investir dans tel ou tel programme. Il manque des logements ? Idem...

Mais non, interdit ! Chez nous, ça ne marche pas comme ça. C'est obligatoire de payer le tribut aux fonds de pension américains...   


Ça m'évoque tout de même ce parallèle entre l'Angleterre et les USA au XIXème siècle, où, les USA, avec leur système monétaire refusant toute banque centrale et de payer la rente sur l'argent que l'État met en circulation, était trois fois plus compétitif et était en train d'exploser l'Angleterre et sa clique de banquiers qui vampirisaient leur peuple :

America's Forgotten War Against the Central Banks
Dollar Daze, Mike Hewitt, 19/10/2007 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.dollardaze.org/blog/?post_id=00255
(London Times, 1865) An editorial in the London Times reveals sentiment of the European bankers :
"If this mischievous financial policy, which has its origin in North America, shall become endurated down to a fixture, then that Government will furnish its own money without cost. It will pay off debts and be without debt. It will have all the money necessary to carry on its commerce. It will become prosperous without precedent in the history of the world. The brains, and wealth of all countries will go to North America. That country must be destroyed or it will destroy every monarchy on the globe."

Ce qui est en train de se passer avec la Chine, selon moi, d'un point de vue bancaire et monétaire, c'est du même ordre...

C'est à se demander d'ailleurs si derrière ces histoires de taux de change et ces pressions faites sur la Chine pour qu'elle laisse flotter librement sa monnaie, ne se cache pas en fait les mêmes pressions que celles qui ont eu lieu pour instaurer le système de réserve fédérale aux USA, et le fait que l'État doive payer aux banques des intérêts sur la monnaie qu'il met en circulation...


Mackenzie King avant de nationaliser la banque centrale du Canada en 1935 :
“Once a nation parts with the control of its currency and credit, it matters not who makes that nation's laws. Usury, once in control, will wreck any nation. Until the control of the issue of currency and credit is restored to government and recognized as its most conspicuous and sacred responsibility, all talk of the sovereignty of Parliament and of democracy is idle and futile.”

Alors, j'ai peut être tout faux... Mais je n'ai jamais entendu parler d'émissions obligataires de l'État chinois, autres que pour l'exemple...

1 commentaire:

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