lundi 8 mars 2010

Effondrement du Shadow Banking System

Le Shadow banking System et ses 600 000 milliards de $ de dérivés est en train de s'effondrer.

Vous pouvez voir un résumé des montants en jeu, et des acteurs, dans ce document officiel du Office of the Comptroller of the Currency ici.

Et on y retrouve toujours les mêmes :


  JP Morgan : 80 000 milliards de $ en notionel de dérivés (1.2 fois le PIB mondial), dont 51 000 milliards en produits de swaps de taux,
  Goldman Sachs : 40 000 milliards de $ en notionel de dérivés (0.7 fois le PIB mondial), dont 34 000 milliards en produits de swaps de taux,
  BoA : 39 000 milliards de $ en notionel de dérivés (0.7 fois le PIB mondial), dont 27 000 milliards en produits de swaps de taux,
  Citigroup : 31 000 milliards de $ en notionel de dérivés (0.5 fois le PIB mondial), dont 17 000 milliards en produits de swaps de taux.

Ce système de produits dérivés, qualifié par Warren Buffet, d'arme de destruction financière massive, est en train d'exploser.

En fait, il faut vraiment voir ces produits dérivés comme une nouvelle forme de création de monnaie par les banques. Un résumé un peu simpliste, je le concède, sur la monnaie, mais qui devrait être un peu plus parlant pour le commun des mortels :
  Au début, il n'y avait pas de monnaie, juste du troc,
  Ensuite sont apparues des monnaies physiques, limitées en quantité apr la nature (des coquillages à l'or, l'argent),
  Ensuite est apparu le jus de dettes, émis par les banques, où la monnaie est gagée par une promesse de remboursement plus tard par quelqu'un,
  Et là, arrivent les dérivés. En gros, ces produits sont des tickets de loterie, des paris de book makers. Et la finance de Wall Street a réussi à transformer ce qui est en gros un ticket de loterie, en actif.


Voici la pyramide d'Exter sensée représenter la nature de la monnaie, par quantité et par risque. Le système des produits dérivés a encore rajouté un étage, tout en haut, extrêmement large, mais extrêmement instable...


Et dans les produits dérivés, on regroupe plusieurs types de produits :
  Les futures et forwards : qui consistent à faire des paris sur le prix futur de tel ou tel actif (or, argent, actions, obligations...). C'est historiquement la première forme de produit dérivé qui a existé, avec la bourse de Chicago où les fermiers venaient vendre par avance leur production.
  Les options : ce sont un peu comme les futures mais cette fois, le détenteur du contrat n'est pas obligé de réaliser l'achat au terme du contrat, s'il y perd (les plus connues étant les stock options).
  Les swaps qui consistent à promettre d'échanger un produit contre un autre, essentiellement des prêts à taux variable contre des prêts à taux fixes.
  Les credit derivatives : ce sont nos fameux CDS qui permettent de s'assurer contre un défaut de paiement sur une dette.

D'après ce graphe, on arrive à 200 000 milliards de $ de nominal, réalisé quasiment intégralement par nos 4 banques plus haut. Sauf que pas mal de dérivés ne sont pas vraiment déclarés et sont fait OTC (over the counter), en gré à gré, et n'apparaissent pas dans les chiffres. Et on estime le montant mondial notionnel des dérivés à 600 000 milliards de $.

Qu'est ce que le montant notionnel. Il s'agit de la valeur de l'actif sur lequel est adossé le produit dérivé. Mais ça ne veut pas dire que la somme en jeu est du montant notionnel. De plus, il ne s'agit pas de l'open interest, mais de la somme totale. En gros, si A vend un produit à B et B revend le même produit à A, la somme totale est de 2 alors que l'open interest est de 0.

Donc, en gros, personne ne sait vraiment dans le détail ce qu'il y a réellement dans ce bousin, vu que la mafia Greenspan/Rubin/Summers a tout fait pour empêcher que ce marché soit régulé (cf le documentaire The Warning de PBS ici).

Donc, voila, je ne suis pas du tout un spécialiste mais c'est grosso modo un résumé de ce que j'ai pu comprendre au fur et à mesure de mes lectures...

Et ce sont ces produits de swaps de taux qui ont été massivement utilisés pour cacher la dette des États et autres grosses institutions.

Et toute cette mauvaise dette est en train d'exploser :


Greece's hidden debt soaring
New York Post, 07/03/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.nypost.com/p/news/business/greece_hidden_debt_soaring_yCcLPXjD1sDbRxgP51ANKJ
The Greek debt tragedy currently unfolding -- the country's on-balance-sheet debt is 13 times its gross domestic product -- may be just the tip of the iceberg.
J'émets quand même des réserves sur ce chiffres de 1 300% de ratio dette/PIB. Ils ont du se gourer d'un zéro là   Ou alors, c'est que la Grèce est vraiment vraiment au fond du seau.

Gordon Long, founder of a private venture-capital fund, said in an investor note that there is more than $600 trillion in notational value in the global derivative market, with $437 trillion of it tied to interest rate swaps.
437 000 milliards de $ en swaps de taux...  7 années de PIB mondial   

"Any credit event could trigger a cascading event"

Et visiblement, tout le monde en a pris de ces produits permettant de se sur endetter sans le dire... Grèce, Portugal, Espagne, Chine... et surement, en fait, tout le monde...
International finance-industry estimates have Dubai's sovereign debt load, thanks to the off-balance-sheet debt, exploding to nearly four times its originally reported $80 billion, as other government-backed projects have gone bad after Dubai World's default in late November.
La dette de Dubaï initialement annoncée à 80 milliards de $ serait en fait de 320 milliards de $ en comptant cette dette hors bilan, via des produits dérivés de swaps de taux. Et visiblement, Goldman Sachs et JP Morgan ont littéralement inondé la planète de ce qu'il va bien falloir appeler de la fausse monnaie...

La fraude est généralisée.

Et vus les montants en jeu, ce n'est même pas la peine d'imaginer un sauvetage public...

Ça va mal finir tout ça...

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