lundi 22 mars 2010

Conflit de générations (1)

Post suivant 


Titre : La génération du millénaire massacrée par la crise
Le Figaro, Jean Pierre Robin, 22/03/2010 (en Français texte en français )
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/03/22/04016-20100322ARTFIG00573-la-generation-du-millenaire-massacree-par-la-crise-.php
Bien avant que ne survienne la «grande récession», le sociologue Louis Chauvel, l'auteur de Destin des générations, dénonçait le triple handicap des classes d'âges qui ont succédé aux baby-boomers. Les écarts salariaux s'élargissent (en 1977, les quinquagénaires gagnaient 15% de plus que les trentenaires, la différence atteignait 40% en 2000), les risques de déclassement deviennent plus fréquents, et l'accès à la politique plus difficile. Louis Chauvel nous fait remarquer que la Chambre des députés élus en juin 2007 a été la plus âgée de toute l'histoire de nos républiques !

De son côté l'Insee considère que «la génération (née après) 1945 est la dernière pour laquelle le revenu par unité de consommation est supérieur à celui des générations précédentes»

Et pour leurs retraites, cette génération de privilégiés, qui n'a quasiment rien cotisé pour leurs propres retraites, réclame maintenant d'augmenter les cotisations des actifs, en plus des loyers, des dividendes et de la rente que ces derniers leur payent déjà. Le tout pour rémunérer une épargne odieuse constituée en refusant de payer leurs impôts et en endettant leurs gamins à la place, via la dette publique.

Et qu'on se comprenne bien, quand je dis "génération de privilégiés", c'est "en moyenne". Car ils n'ont pas hésité à appliquer au sein même de leur propre génération cette même logique de traite généralisée des plus faibles issue du triomphe en mai 68 de la "negative liberty", de l'égoïsme et de la jouissance comme but de vie (dont Sarkozy, quoiqu'il puisse dire de mai 68, est l'exemple absolu). Et les inégalités se sont accrues au sein de leur génération, avec l'âge. Le plus simple restant toujours bien évidemment de se goinfrer "en moyenne" en endettant les pas encore nés.

Il y a un moment où il va bien falloir que ces vérités se fassent jour dans la propagande. A moins que l'occident aie réellement décidé de se suicider et de sacrifier son avenir pour offrir aux vieux la petite vie dorée ("en moyenne") à laquelle ils se sont habitués. Vie dorée qui dans un occident qui ne croît plus, est désormais construite sur l'exploitation sans vergogne et la précarisation systématique de leurs propres enfants. Dusse pour cela les jeunes actifs manger avec leurs enfants aux restaurants du cœur... Car maintenant qu'il n'y a plus de gras à râcler pour soi même, ils en sont à attaquer l'os.

Et après eux le déluge...    (ou plutôt la mort de la méritocratie et le début de la société d'héritiers, totalement inefficace, avec des médiocres bien nés à tous les postes d'importance)

Il est à craindre que ces tendances se soient exacerbées avec la crise, comme le laisse entendre Martin Hirsch, le haut-commissaire à la Jeunesse. «Entre le troisième trimestre 2008 et le troisième trimestre 2009, le taux de chômage a augmenté 2,7 fois plus vite pour les jeunes que pour la population totale (+ 4,6 points contre + 1,7) pour atteindre 23,8% (9,1% pour l'ensemble de la population », écrit-il dans « L'État de l'opinion, TNS Sofres 2010 ». Les jeunes en question sont les moins de 25 ans, selon la typologie classique de l'administration française, qui répugne à raisonner en termes de générations. La remarque de Martin Hirsch n'en est pas moins de bon sens : «Les jeunes sont ainsi confrontés à une situation paradoxale : la démographie et la politique sociale de la France les désignent comme ceux sur qui vont porter la dette publique et le poids des retraites, mais l'accès à l'emploi leur est difficile.» Voilà une thématique appelée à un grand avenir dans les mois qui viennent.
Dette publique, que l'on peut clairement qualifier de dette odieuse, l'anti matière de l'épargne odieuse des vieux dont il est question plus haut.

En gros, on se retrouve avec une génération qui n'a payé quasiment rien, ni en terme de retraite par capitalisation, ni en terme de retraite par répartition, et qui exige maintenant que les actifs leur payent une retraite par répartition, plus une retraite par capitalisation, avec en plus des jeunes qui doivent payer des intérêts sur les impôts que les vieux ont refusé de payer en leur temps et qu'ils ont épargnés.

Il ne restera bientôt plus que l'exode... Histoire de laisser cette génération de rentiers jouisseurs égoïstes propriétaire de toutes ... les ruines...


Une assemblée générale d'actionnaires, où vieux rentiers et héritiers ne manqueront pas d'exiger 5% de rendement net d'inflation sur leur épargne odieuse


Manifestation de travailleurs à l'extérieur d'une assemblée générale de cupides

Et je ne résiste pas à remettre ces quelques graphiques :

Évolution des revenus par tranche d'âge entre 1985 et 2000


Âge de l'assemblée nationale

3 commentaires:

  1. Si nous en sommes à ce point, c'est surtout de notre faute. Combien de jeunes votent? Les anciens votent, eux. Maintenant, les objectifs sont d'acheter son T2 sur 30 ans qu'on revendra plus car c'est un ancien qui l'a dit, on fait profil bas devant son employeur, on trouve que le salaire craché dans la figure est trop élevé encore, du moment que l'OM est en coupe d'Europe, tout va bien.
    Bref nous sommes de pathétiques fiottes totalement acculturées, et à la limite c'est bien fait pour nous. Nous n'avions qu'à être aussi débrouillard que les 68tar.

    RépondreSupprimer
  2. disco est tu sur de ton image pour "Manifestation de travailleurs à l'extérieur d'une assemblée générale de cupides". On dirait surtout une gare allemande ! ;)
    ausgelander

    RépondreSupprimer
  3. Si j'ai bonne mémoire, ça vient d'un article de Mediapart dont je ne retrouve plus le lien.

    RépondreSupprimer

(Les commentaires sont modérés pour éviter la fête au n'importe quoi. S'il n'apparaît pas de suite, ne vous inquiétez pas, c'est que je ne l'ai pas encore modéré.)