mercredi 17 mars 2010

Bienvenue en "Chermany" (1)

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Au tour de Martin Wolf, du Financial Times, de s'en prendre aux exportateurs massifs qui enfoncent la planète avec leur course à la destruction de la demande solvable.

Ça fait suite aux articles de Krugman ou Pritchard, ainsi qu'à la déclaration de Lagarde.


China and Germany unite to impose global deflation
Financial Times via ContreInfo, Martin Wolf, 17/03/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.ft.com/cms/s/0/cd01f69e-3134-11df-8e6f-00144feabdc0.html


Let me introduce you to Chermany, a composite of the world’s biggest net exporters

Both also believe that their customers should keep buying, but stop irresponsible borrowing. Since their surpluses entail others’ deficits, this position is incoherent. Surplus countries have to finance those in deficit. If the stock of debt becomes too big, the debtors will default. If so, the vaunted “savings” of surplus countries will prove to have been illusory: vendor finance becomes, after the fact, open export subsidies.

I am beginning to wonder whether the open global economy is going to survive this crisis. The eurozone may also be in some danger.

Surplus countries insist on continuing just as before. But they refuse to accept that their reliance on export surpluses must rebound upon themselves, once their customers go broke. Indeed, that is just what is happening. Meanwhile, countries that ran huge external deficits in the past can cut the massive fiscal deficits that result from post-bubble deleveraging by their private sectors only via a big surge in their net exports. If surplus countries fail to offset that shift, through expansion in aggregate demand, the world is inevitably caught in a “beggar-my-neighbour” battle: everybody seeks desperately to foist excess supplies on to their trading partners. That was a big part of the catastrophe of the 1930s, too.

In this battle, the surplus countries are most unlikely to win. A disruption of the eurozone would be very bad for German manufacturing. A US resort to protectionism would be very bad for China. Those whom the gods wish to destroy, they first make mad. It is not too late to look for co-operative solutions. Both sides have to seek to adjust. Forget all the self-righteous moralising. Try some plain common sense, instead.

Ainsi, on aurait d'abord de la déflation, tant que les clients peuvent continuer à s'endetter.

Puis, ces pays clients à balance commerciale négative, inondés des exportations de ces pays qui ont détruit leur propre demande intérieure, finiront par faire défaut. Et les réserves accumulées par les pays exportateurs s'évaporeront. Et tout le monde se retrouvera plongé dans une crise terrible, tant le pays client qui a fait défaut, que le pays exportateur qui se retrouve avec une énorme part de son économie qui tourne à vide, sans client (comme ça a été le cas de la Chine en 2009)...

A noter que ça fait fortement penser aux années 30 et que le protectionnisme a permis aux pays importateurs de stopper cet engrenage infernal.

Sinon, selon Wolf, si on continue dans cette pente, en France, en tant que pays massivement importateur, on a donc un scénario de déflation dans un premier temps. Puis l'inflation viendrait, quand l'État se retrouvera en défaut de paiement et se mettra à imprimer de la monnaie pour se financer.

Ainsi, au final, la France finira par faire faillite et l'Allemagne possédera toute la France. Sur BFM radio, ils disaient dernièrement à ce sujet d'ailleurs que c'était précisément le plan allemand : payer leurs retraites en achetant toute l'Europe et en rapatriant tous les profits européens en Allemagne.

Surtout que dans le cas de l'Allemagne, on ne peut même plus utiliser la dévaluation.

L'euro est un piège en fait...

Ça me fait penser à cette interview de Warren Buffet dans IOUSA :


Et c'est peu ou prou aussi l'analyse d'Edwards de la Société Générale :

Albert Edwards Predicts Deflation Followed By Double-Digit Inflation As "Governments Opt To Default, And Monetization Is Policy Lever of First Resort"
ZeroHedge, Albert Edwards, 16/03/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/albert-edwards-predicts-deflation-followed-double-digit-inflation-governments-opt-default-an


Tout d'abord la déflation liée au remboursement de la dette


Dette totale des USA par secteur : le deleveraging a à peine commencé

While unit labour costs decline at an unprecedented rate, they are sucking us inevitably into a Fisherian, debt-deflation spiral. Only then will we see how far policymakers are willing to go to debauch the currency. Last year saw them cross the Rubicon. Monetisation is now the policy lever of first resort.

Sachant que contrairement au Japon des années 90 (en pleine crise de crédit et qui se tourne vers les exportations quand le monde occidental lui n'en est qu'au début de sa bulle de crédit à lui), la Terre dans sa totalité ne peut pas devenir massivement exportatrice... En tous cas, pas tant qu'on ne commerce pas avec les martiens...

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