vendredi 26 février 2010

Une crise de la dette, une crise de la mondialisation ? Non ! Une crise de la fiscalité ! (1)

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Tous les escronomistes dans les médias n'ont pas eu de mot assez fort pour décrire à quel point la crise était "imprévisible". Et le consensus entre tous les serviteurs de la ploutocratie était total. Il s'agissait ni plus ni moins que de leur survie.

Je reviendrai sur ce sujet dans un autre post d'ailleurs... Parce qu'il y a long à en dire...

Et donc voila, on vous vend une sorte de blougui boulga incompréhensible sur les causes de la crise. A la rigueur, ce qui est le plus proche de la vérité, c'est quand ils vous disent que c'est une crise du sur endettement. Mais ils se gardent bien de pousser le raisonnement plus loin, et de se poser la question d'où provient ce sur endettement... Parce que là, on touche au coeur du tabou :

les impôts de la ploutocratie.

Pour ma part, j'ai une analyse très claire et très simple des causes de la crise.

Dans les années 70, les riches ont repris à leur compte les idées libérales , égoïstes et de jouissance personnelle de mai 68 (et de tous ses équivalents mondiaux). Ils ne se sont plus alors sentis le devoir de financer la solidarité nationale et le welfare state. S'en est alors suivie une lutte pour fuir l'impôt.


Voici le taux d'imposition sur le revenu marginal supérieur aux USA. C'est à dire en gros le taux d'imposition des plus riches.

Dans le même temps, on a instauré la liberté de mouvement des capitaux et mis en concurrence fiscale tous les système politiques. L'épargne et le capital n'ont plus alors été soumis à l'économie, mais ce fut alors l'inverse qui s'est imposé : où les travailleurs du monde entier se sont retrouvés à devoir cracher du cash flow pour la ploutocratie et les gérants de fonds qui roulent en bentley pour rentrer de leur dure journée de travail (le temps de faire trois clics de transferts de fonds, entre 11h et 11h45).

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l'accumulation inhérente au capitalisme (par la joie du principe des intérêts composés), des richesses du capital dans les mains de quelque uns a engendré un retour à des conditions exactement similaires à celle de 1929 :


Bien sûr, tous les escronomistes ont défilé à la télé pour vous expliquer, que naturellement, ce qu'on vivait n'avait rien à voir avec 1929  Alors que c'est exactement la même chose. C'est même tellement exactement la même chose que c'en est effrayant de voir à quel point l'histoire se répète et l'homme est incapable d'apprendre de ses erreurs.

Dans l'analyse de la crise que je fais personnellement, via la fiscalité, l'explosion de la dette n'est alors ici alors plus LA cause mais une des conséquences de la cause fiscale originelle.


Les riches se sont en effet retrouvés à prêter l'argent des impôts qu'ils ne payaient plus. Et cette dette que l'on voit exploser, ce n'est en fait que l'argent que les riches prêtent à l'Etat et aux serfs, là où avant, on leur prenait juste par l'impôt, sans reconnaissance de dette dessus, ni intérêts...

Bien sûr, les libéraux friedmaniens de l'époque nous ont vendus ça comme quoi, en laissant les riches ne plus payer d'impôts, ils allaient investir et créer de la richesse...  Ho la bonne blague. Après ce qu'on vient de vivre, c'est dur de ne pas se bidonner à la simple vision des termes "bonne allocation du capital"... Car on l'a tous vu la magnifique allocation du capital qui s'en est suivie :
  bulle Internet,
  bulle immobilière,
  titrisation pourrie,
  crédits à la consommation,
  spéculation effrénée sur les marchés, notamment les matières premières,
  bulles ultra violentes qui stérilisent tous les acteurs économiques sensibles au paramètre bullifié (pétrole à 150$, yen en 2008, et la liste est longue...) et ensuite, vente de produits dérivés pour que les agent économiques puissent se protéger des agissements de ceux là mêmes qui els vendent. Les Sopranos n'auraient pas fait mieux...

La réalité en fait, c'est que nos classes dirigeantes refusent le lourd rocher de Sysiphe qui est le leur. La vérité c'est que de tous temps, pour qu'uns société soit riche, sa classe dirigeante doit accepter de ne aps être trop gourmande. Si les riches refusent de payer l'impôt, et s'accaparent toutes les richesses, en fait, il arrive un point où pour chaque $ de plus qu'ils prennent à l'économie, ils détruisent pour plus d'un $ de richesse qu'ils possèdent déjà. Et au final, ils se retrouvent dans un monde ans demande solvable pour payer la location de leurs actifs (dividendes, intérêts, loyers...), propriétaires de 100% ... des ruines. C'est tout simplement le principe de la poule aux oeufs d'or. Plutôt que de se contenter de prendre un oeuf tous les jours, ils en ont voulus 6 par jour, et ils ont tué la poule.

Et donc maintenant, c'est la légitimité de cette classe dirigeante qui est en cause. Pour qu'une classe dirigeante soit acceptée dans la durée, il faut en gros qu'elle prenne un peu de la croissance et en laisse l'essentiel à la masse. Mais désormais, ils ont tellement enlevé tout le gras, tellement pressé l'orange pour qu'elle crache tout son jus à coups de ROE de 40% par an (rentabilité des capitaux propres), qu'ils en sont réduits désormais à attaquer l'os.

Un petit graphique pour illustrer mon propos :

Sur ce graphique, vous voyez la part de la croissance qui est allée à 90% de la population et celle qui est allées à 1% de la population, décennie par décennie.

Ma prévision personnelle, c'est que si on continue comme maintenant, la part de la croissance allant aux 1% les plus riches sera de 120%, et la part allant aux autres 90% de la population sera de -20%... C'est à dire que maintenant qu'ils ont détruit durablement la demande solvable et la croissance, ils vont désormais attaquer l'os et dépouiller leurs peuples pour pouvoir continuer à s'augmenter de 20% par an. Et tout le monde ressent bien d'ailleurs que le mouvement a largement commencé.

D'où mon opinion sur la dictature actuelle dans laquelle on vit et qui ne dit pas son nom. Je ne vois absolument aucun moyen pour que la démocratie perdure dans une tel système. Ils ont besoin de tuer la démocratie pour pouvoir continuer leur traite. Car dans un vrai régime démocratque, il n'y a pas le millième d'une once de chance pour qu'ils puissent se maintenir au pouvoir. L'achat de tous les médias par la branle couillie n'est d'ailleurs pas un hasard. Ils ne les ont pas acheté pour investir, pour leur valeur intrinsèque. La rentabilité financière de leurs médias, c'est secondaire, ils s'en cognent. Ils les ont acheté, juste pour pouvoir vous récurer consciencieusement, patiemment, systématiquement le cerveau et que sutout vous ne voyiez pas l'éléphant au milieu de la pièce.

Typiquement. Prenons quelque chose comme la liberté de mouvement des capitaux. Aujourd'hui, ce n'est même pas discuté dans la propapagnde. C'est une donnée. Comme si ça avait existé de tous temps, et que c'était inhérent à la démocratie. Et bien ça existe depuis 1986... Et comme par hasard, c'est depuis que ces mesures sont en place que la démocratie régresse...

Mais bon, tout ceci n'est pas nouveau. Plutarque il y a 2000 ans, écrivait dans Pompée Crassus César ou l'agonie de la république :
Le déséquilibre entre les riches et les pauvres est la plus ancienne et la plus fatale des maladies des républiques.

Et donc j'en reviens au sujet initial. Ceci est une crise de la fiscalité. Mais dans la propagande, on vous explique qu'augmenter les impôts des riches, ce n'est pas la solution, que c'est une goutte d'eau. Sans jamais donner le moindre chiffre bien évidemment. Vous êtes sensés les croire sur parole. Et de toutes façons, quand on vous donne un chiffre dans les médias, ce n'est jamais la visualisation d'un graphe clair sur 10 ans. Ca c'est réservé à la vraie information (au Wall Street Journal ou à Bloomberg). Pour le serf, ce sont toujours des chiffres bruts, quand il y en a. Des chiffres, juste comme ça, tout seuls, des sortes de variations absconses, sans qu'on sache si c'est en year on year, une moyenne mobile, cumulée ou non...Jamais un graphique bien sûr non plus. Histoire que vous vous croyiez informés sans jamais avoir une vue d'ensemble de la "big picture".

Pour en revenir aux USA, on a appris par exemple dernièrement que les 400 familles les plus riches ponctionnent à elles toutes seules 1% du PIB en revenus et ne payent que 16% d'impôts. En enlevant la libre circulation du capital, on pourrait passer ces 16% d'imposition à 70% d'imposition, et l'Etat américain récupérerait 0,5% de PIB.

C'est pas mal déjà...C'est un début.

Maintenant, étendons ça aux 1% les plus riches.

Ces 1% se gavent depuis 20 ans et touchent désormais 25% du PIB à eux tout seuls. Et j'imagine qu'ils doivent payer quelque chose entre 16% et 40% d'impôt (le taux marginal supérieur officiel). Avec les nouveaux sports branle couillesques que sont devenus l'évasion fiscale et la défiscalisation, disons... entre les deux : 30% d'imposition en moyenne.




Un simple retour au taux d'imposition de 1970, en passant là encore ce taux à 70% en moyenne, l'Etat US récupère 40% (=70%-30%) de 25% du PIB, soit 10% du PIB !

De quoi faire repasser les déficits publics dans le positif, du rouge vif au vert pâle.

Juste en remontant les impôts des 1% les plus riches au niveau qui était le leur dans les années 70 !

Ainsi, suite à ma démonstration, tout le monde conviendra donc, comme la propagande, que monter les impôts des riches, c'est tout à fait négligeable et que la solution n'est pas du tout à chercher de ce côté là.

De plus, la vérité universelle BFMesque est largement étayée d'ailleurs par le fait que les années 1945 à 1970 ont été des années de croissance pitoyable, et que des dirigeants comme Eisenhower ou Truman étaient de toutes évidences de dangereux communiss...

Et là, je ne parle que des flux, des revenus. Je ne parle même pas des amas et des impôts sur l'héritage.

Donc quand la bande d'ex avocats en évasion fiscale de l'UMP que les ploutocrates ont placés au pouvoir, ou encore les gugusses de l'institut Montaigne qui défilent sur BFM, vous expliquent que taxer les riches, ça ne ferait qu'une goutte d'eau, il faut bien comprendre que c'est du pipo propagandiste intégral, du bon gros mensonge bien lourd à la Radio Paris. Manquerait plus que la voix style Pathé années 40 pour achever le tableau...

1 commentaire:

  1. À rapprocher avec : http://www.lesmotsontunsens.com/france-telecom-des-dividendes-superieurs-aux-benefices-7201

    Comme quoi on est déjà passé à plus de 100%.

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