dimanche 21 février 2010

Le déclin de l'empire américain, pour la CIA ça reste un film (1/2)

Marianne2, Samir Amin, 17/02/2010 (en Français texte en français)
http://www.marianne2.fr/Le-declin-de-l-empire-americain,-pour-la-CIA-ca-reste-un-film-1-2_a185148.html

Un article de Marianne 2 où un économiste égyptien épluche l'État du monde tel que l'imagine la CIA en 2025...

L'économiste Samir Amin décrypte le dernier rapport de la CIA sur l'état du monde. Des travaux qui montrent que les experts de l'agence de renseignements ne voient toujours qu'un seul horizon : la domination du modèle américain.

Aujourd’hui encore donc (dans la perspective de 2025) le rapport affirme sans hésitation « qu’un effondrement de la mondialisation » reste impensable. Notre hypothèse est au contraire qu’il y a une forte probabilité de « dé-globalisation » par la constitution de régionalisations robustes et déconnectées (au sens que les rapports que ces régions entretiendraient entre elles seront l’objet de négociations ne remettant pas en cause gravement leur autonomie relative).


Il est coutumier que les classes dirigeantes n’imaginent pas le terme possible du système qui assure la perpétuation de leur domination. Les « révolutions » sont donc toujours, pour elles, non seulement des « catastrophes », mais encore des accidents imprévisibles, inattendus, « irrationnels ».

Cette myopie fatale leur interdit de sortir du cadre d’une prétendue « real-politik » (fort peu réaliste en réalité !) dont le parcours est façonné exclusivement par les effets des calculs, des alliances et des conflits concernant les seules classes dirigeantes.

Le rapport sous estime largement cette contradiction pour se satisfaire de ce qui paraît encore correct aujourd’hui, à savoir que les pouvoirs en place (en Chine, en Inde, au Brésil, en Russie et ailleurs) ne remettent pas (encore ?) en cause les fondements de l’ordre international. Il en est ainsi parce que dans la phase précédente de déploiement de la mondialisation, celle que j’ai qualifiée de « belle époque » (1980-2008) les pays émergents étaient effectivement parvenus à « tirer profit » de leur insertion dans la mondialisation en opération.

Mais cette phase est désormais close et les classes dirigeantes des pays concernés devront le constater et, partant, mettre en œuvre des stratégies de moins en moins « complémentaires » de celles déployées par les oligopoles du centre impérialiste, en fait donc de plus en plus conflictuelles avec celles-ci.

Les experts de la CIA ne font pas la distinction entre les classes dirigeantes du centre impérialiste et celles des périphéries, puisqu’elles sont toutes « pro-capitalistes ».

Faute de saisir la nature de cette contradiction majeure, les experts de l’establishment étasunien considèrent que l’option du « capitalisme d’Etat » (de la Chine et de la Russie) n’est pas viable et doit conduire un jour ou l’autre à une restauration du capitalisme libéral. L’autre possibilité, qui leur échappe, est que ce capitalisme d’Etat évolue « à gauche », sous la pression victorieuse des classes populaires.

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